mercredi 3 juin 2015

Bon tempo pour vos tympans - Juin 2015




Contribution de Hong Kong Fou-Fou



Comme l'année dernière à la même période (ici pour les curieux), ma modeste contribution servira de compte-rendu à la troisième édition du festival "This is not a love song" qui s'est déroulée à Nîmes le weekend dernier. Départ le vendredi matin pour la riquiqui délégation de Fury Magazine (Moinet et moi-même). Très rapidement (entre Salses et Fitou pour ceux qui aiment la précision), ce voyage qui s'annonce pourtant sous les meilleurs auspices vire au cauchemar : tenant son volant d'une main gauche mais assurée, l'infernal Moinet glisse de la droite une compilation de chansons paillardes dans le lecteur CD. Je ne peux même pas sauter en marche, la sécurité enfant est enclenchée. Avouez qu'écouter "La digue du cul" ou "Le curé de Camaret" en se rendant à un festival de rock indie, ça ne vous est jamais arrivé, hein ? Eh bien ne vous plaignez pas. La journée se déroule de façon plus orthodoxe, avec une visite aux Emmaüs et chez Gibert à Montpellier, pour satisfaire notre soif intarissable de bouquins, BD, DVD et CD (heureusement, chez Gibert, Moinet ne voit pas le bac "Chansons à boire", aussi plein que ceux qui les chantent). Vers 18h, direction le site de Paloma à Nîmes, pour la première soirée du festival. La déco est peu ou prou la même que l'année dernière, on est toujours dans une ambiance un peu new age, un peu babos. Dans le public, quelques looks sortent du lot, c'est toujours appréciable de voir des gens non formatés. Ainsi, nous croisons un berger berbère, c'est même à lui que je décerne la palme - ce qui est logique -, sa tenue fera datte. A noter l'absence totale de hipsters, ce qui confirme que ces gens ne s'intéressent pas à la musique, seulement à la pommade Stern, et c'est tant mieux. Au niveau musique, justement, cette première soirée s'avère un peu décevante. Premier groupe, Fucked Up, du punk hardcore californien. Hmm. Si souffler n'est pas jouer, beugler n'est pas chanter. Ils sont sur Matador Records, ils ne m'en voudront donc pas de ma mise à mort : 07/20.   Nous assistons ensuite à la prestation de Dan Deacon, qui me laissera aussi froid que Tippi Heddren devant les tentatives d'approche de Sean Connery dans "Pas de printemps pour Marnie". Il faut dire aussi que ça m'énerve, les artistes qui disent sans arrêt au public "Faites ci, faites ça", j'ai passé l'âge de jouer à "Jacques a dit". Je lui colle donc 09/20 et je laisse le dernier mot à Moinet : "Je préférerais être dans ma chambre à relire un bon Dan Cooper". Je passe sur Shamir, sans même laisser une note, pour m'attarder sur le premier bon concert du vendredi, celui de Gaz Coombes. Rien à dire, c'est super(grass, évidemment). Son nouvel album s'appelle Matador, décidément, on voit qu'on n'est pas loin de la Camargue. Un bon 15/20 pour ce sympathique monsieur et sa pop légère, parfois mélancolique. Ensuite il y a Caribou, mais je me vois mal mettre une note parce que je n'ai pas écouté grand chose. On passe donc à l'apothéose de la soirée, Thee Oh Sees. Difficile de traduire avec des mots l'énergie qui se dégage du groupe, en particulier de son leader John Dwyer, mi-punk, mi-hippie pour citer, encore, l'élève Moinet. La frange jeune du public pogote et bodysurfe, la frange plus âgée radote et compte les points (de suture). 16/20, pas moins. Retour à notre havre pour le weekend. Un yaourt et au lit.
La journée du samedi est consacrée à des activités sportives (VTT, piscine, ping-pong - Moinet m'écrase 21 à 8, il va être surpris en recevant sa prochaine fiche de paye) et intellectuelles (Comédie du Livre - avec une dédicace de Trondheim -, bavardage sans chichis avec une comtesse). Pas de festival aujourd'hui, nous nous réservons pour le lendemain.
Dimanche, donc. Nous arrivons à 17h15, je tiens à assister à la prestation de Bad Breeding. Quand je vois "punk anglais" sur un programme, moi, naïvement, j'y crois. Comme quoi il n'y a pas que sur les programmes des partis politiques qu'il y a des mensonges. 07/20, je n'en dis pas plus. Puis viennent les Sleaford Mods, croisés quelques minutes avant sur le site, en train de manger gras. Alors eux, ils ont vraiment trouvé la bonne formule : tandis que les autres groupes doivent se trimballer des tonnes de matériel, faire leur balance, tout ça, eux arrivent les mains dans les poches, un ordinateur sous le bras. La répartition des tâches au sein du duo est la suivante : Jason Williamson se gratte derrière l'oreille comme un caniche sous coke, postillonne, devient tout rouge, crache sa rage au micro et nous fait réviser notre argot anglais ; Andrew Fearn se dandine et se tient les burnes au frais avec sa bouteille de Heineken. Après les 50 mn prévues, ils débranchent l'ordi et partent au lit. Inutile de préciser que j'adore. 18/20, et encore je me tempère. Après, nous avons le choix entre Vietcong dans la grande salle et The Soft Moon sur la scène extérieure. A cause de Diên Biên Phu, impossible d'aller voir les premiers. Les seconds jouent près des stands alimentaires, j'écoute donc d'une oreille distraite pendant qu'un clone d'Amy Winehouse me prépare un succulent sandwich. Puis vient le tour de Foxygen. Pour être parfaitement honnête, je n'avais jamais entendu parler de ce groupe. Pourtant, leur show vaut le détour. Ca commence avec l'arrivée du chanteur côté public. Evidemment, il veut escalader les barrières pour monter sur la scène. Encore plus évidemment, les videurs, au volume cérébral inversement proportionnel à celui de leurs biceps, tentent de le ceinturer. Le public a beau intercéder en faveur de ce jeune homme diaphane aux cheveux filasses en costume seventies, rien n'y fait. Finalement, il parvient à rejoindre ses copains, s'enfile cul sec une bouteille de whisky, et c'est parti pour une heure de show débridé, à 100 à l'heure (je vous laisse chercher des preuves sur youtube, la vidéo que j'ai choisie ne leur rend pas justice). Laissons une dernière fois la parole à mon camarade Moinet pour donner son avis sur le chanteur, Sam France : "une vraie rock-star", "le croisement entre David Bowie et Iggy Pop", blablabla. Un 15/20 avec une mention spéciale en gymnastique. Interpol, derrière, ça paraît forcément fadasse. Je sais déjà que je n'aime pas trop mais pour ne pas mourir idiot, j'y vais quand même. A part un ou deux morceaux ("Evil"), c'est bof bof, je ne comprends pas comment certains de mes camarades s'enthousiasment autant pour ce groupe. Allez, 11/20 pour l'effort vestimentaire. Dernier groupe, les Allah-Las. Oddjob en a parlé plusieurs fois ici même. C'est classique, ça fait forcément penser aux Kinks, aux Standells, aussi. De la bonne pop sucrée en guise de dessert. 16/20.
Direction la voiture pour rentrer à Perpignan, je prends la précaution de jeter discrètement dans un buisson un certain CD rempli de grossièretés. Hors de question d'anéantir le bénéfice du weekend en se tapant "Meunier tu es cocu"...




Contribution de Oddjob 



Har Mar Superstar : How did I get through the days ? 
Nouveau titre fort alléchant, en attendant un prochain opus, pour notre superstar en titre. Une certaine idée de l’élégance… entre John Belushi et Danny Devito ! 
Jacco Gardner :Hypnophobia – Find yourself 
Creusant encore davantage sa veine psychédélique, le batave Jacco Gardner nous offre sans doute l’album de cet été, puissant et entêtant ! Sur le second titre, on imagine mal qu’il ne s’agisse point d’un bel hommage à notre HotRod66 préféré (et à son amour de Capri) devenu il y a peu un Godfather envié…
Petula Clark : Downtown
 Ma petite sortie du mois dernier m’a valu bien des reproches de la part de certains membres de la rédaction (et pas des moindres, l’élève Moinet et GetCarter…). Voilà ce que cela coûte de vouloir faire le malin. Je fais donc ici mon mea culpa et avoue qu’il faudra chercher le "cul cul la praline" ailleurs ! 
Petula Clark : OST The lady in the car with glasses and a gun
 Par contre, et parce que Moinet (toujours lui) n’aura pas le dernier mot, j’ai découvert cette charmante petite BO (ici les versions française et anglaise), composée par Michel Legrand. Oliver Reed et Stéphane Audran sont au générique de ce film tiré d’un roman de Japrisot. On a vu pire affiche !



Contribution de Wally Gator



Est-il utile de le rappeler chaque année ? L’ouverture de la pêche en lac d’altitude a eu lieu le week-end dernier. Cette année, je n’y étais pas, mais rassure-toi, lecteur, ce week-end, j’y pars, et plutôt deux jours qu’un !
Sinon, côté esgourdes, quoi de neuf ? Ou quoi de moins neuf, d’ailleurs ?
Felt : Mexican bandits
Un instrumental envoûtant.
Deerhunter : Desire lines 
Tout aussi envoûtant mais avec des lyrics.
Ceremony : Silhouette
Ca crache, ça larsen, c’est distordu, on n’entend pas, ou peu, la voix… De la vraie noisy !!!
Collectif Pony Taylor, Cucumber, Stereoscope Jerk Explosion : Hush
Un collectif composé de top musiciens ! En concert au "Time Tunnel", la vidéo est partagée par Superhomard. Cela vous parle ? Moi, oui en tout cas. Dans ce morceau, on ne sait plus très bien si on entend "The only one I know", "Hush", "I’m a man" ou "2001"… Il doit bien y en avoir d’autres… Enorme !
Les innocents : Les philharmonies martiennes
Un groupe français qui sonne vraiment juste. Même si je ne suis pas un inconditionnel de tout ce qu’ils ont fait, et loin de là, il faut tout de même reconnaître qu’ils ont fait en 1999 un album éponyme incroyable. Cet extrait de leur prochain semble prometteur.


mardi 26 mai 2015

Per qualche euro in più

Par Hong Kong Fou-Fou



Le retour de la rubrique qui vous aide à dilapider intelligemment votre argent de poche. Bouquins, disques, sorties, fringues, tout ce qu'il faut s'offrir pour être dans le rouge à la fin du mois. 

Le roman vrai d'un fasciste français par Christian Rol - Prix : 19,90 euros
J'ai un peu hésité avant de parler de ce livre, à cause de son titre. Ce serait fâcheux d'être fiché "facho" par des gens à l'étiquette facile. D'autant que le bouquin est écrit par un ancien du Gud, oh my God ! Eh bien tant pis, je prends le risque, je serais tenté d'écrire "Me ne frego", mais ça aggraverait mon cas. Je prends le risque parce que ce bouquin est passionnant, fort bien écrit et qu'il devrait intéresser tous ceux de nos lecteurs, de droite comme de gauche, qui aiment l'histoire contemporaine. Il nous plonge dans les années 60-70-80, à une époque où avoir des convictions politiques réclamait un peu plus de courage qu'aujourd'hui, où ça se limite souvent à pérorer sur Facebook. L'auteur nous fait suivre les tribulations d'un jeune Parisien, issu de l'aristocratie italienne, René Resciniti de Says, dit René l'Elégant, de sa naissance en 1951 à sa mort en 2012. Une succession de tranches de vie, à laquelle viendra mettre fin... une tranche de gigot. Il meurt en effet étouffé, victime d'une "mauvaise route". Des mauvaises routes, ou en tout cas des routes cabossées, le héros du bouquin en a suivies plusieurs : voyou en mocassins Weston, minet du Drugstore jouant de la barre à mine, membre fidèle de l'Action Française, playboy chaud lapin du Quartier latin, volontaire dans les milices chrétiennes au Liban, le bonhomme n'a pas eu une vie vraiment monotone. Spécialiste des "coups" : de gueule, de poing, d'éclat et même d'état, avec Bob Denard au Bénin en 1977. Il a aussi mis la main dans le SAC, en commettant deux assassinats vraisemblablement commandités par les barbouzes de la République. Nul doute que son dossier aux Renseignements Généraux devaient contenir plusieurs tomes. Outre ses dérives militaro-politiques, l'homme était également un esthète, un flambeur allergique au travail, ce qui ne devait pas l'aider à satisfaire son addiction pour les costumes sur mesures et les belles sapes.
Echantillon gratuit : "Si c'est ton choix, vas-y mon ami. Il n'y a rien de pire que l'ennui et les convenances bourgeoises. Mais alors donne-toi les moyens. Fais-le avec style et élégance. Une vie libre et aventureuse ne se conçoit qu'avec des souliers bien cirés. Mais un conseil : laisse tomber la politique."

Les aventures d'Hergé, par Boquet et Fromental et Stanislas - Prix : 17,95 euros
Restons dans les RG, pouf pouf pouf (je pouffe), avec cette nouvelle édition des aventures du créateur de Tintin. Vous avez déjà les première, seconde et troisième éditions ? Je m'en doute, nous sommes entre gens comme il faut. Mais l'éditeur est un malin : l'album contient 22 pages de bonus, avec plein de jolis dessins en N&B du talentueux Stanislas. Du coup, évidemment, vous allez acheter ce bel objet. Comme moi. Et pour ceux qui ne l'ont jamais lu, il constituera une bonne façon de découvrir la personnalité d'Hergé, nettement plus complexe que celle de ses créations sur papier. Toutes les périodes de sa vie sont évoquées, même celle pendant laquelle Milou aurait mieux fait de s'appeler Rex ; on y croise tous les dessinateurs qui ont fait la grandeur des studios Hergé ; on y parle de la tentative avortée du patron de se lancer dans la peinture, etc, etc, etc.
Echantillon gratuit : "Sacrés farceurs ! Trois jours haute mer pour dessiner petits tintins !"

Edimbourg, par Floc'h - Louis Vuitton Travel Books - Prix : 45 euros
Vous voulez acheter du Vuitton authentique, sans risquer de vous faire refourguer une contrefaçon ? Précipitez-vous sur ce livre. Le trait de Floc'h, à la précision micrométrique, est inimitable. Si vous êtes pêcheur à la ligne claire, il constituera une bonne prise. De toute façon, le vrai luxe ne doit pas être ostentatoire : bannissez de votre garde-robe les pièces siglées LV. Par contre, les amis à qui vous faites les honneurs de votre intérieur, en voyant ce bel ouvrage sur la table basse de votre salon (laquelle doit être plutôt encombrée, si vous avez suivi nos recommandations passées) pourront apprécier votre bon goût et louer votre discrétion. Nous retrouvons dans cet ouvrage les personnages de "Une vie exemplaire", "Où mène la vie ?" et "La belle vie", à savoir un père - avatar du dessinateur - et sa petite fille (il manque juste le lapin, qui leur en a peut-être posé un ?) Floc'h, le plus "vieille France" de nos dessinateurs, nous entraîne à leur suite à la découverte de la vénérable Ecosse, et plus particulièrement Edimbourg. Vous y apprendrez plein de choses passionnantes sur ces Scots pétris de traditions, comme la façon de mettre un kilt. Je viens de passer quinze minutes allongés par terre sur un rideau de douche, sans parvenir à le fixer convenablement. J'aurais peut-être dû choisir un rideau de douche écossaise...
Echantillon gratuit : "L'Old Course, c'est le pont d'Arcole, le Rubicon et l'Everest du golf. Je l'ai joué. Mal. Mais je l'ai joué !"



lundi 18 mai 2015

Les soldats de l’Asphalt

Par l'Homme Mystérieux 

Ces jours-ci un drôle de phénomène secoue le petit milieu rock de la ville rose, le nom d’un jeune groupe est sur toutes les lèvres … Asphalt.
Et vraisemblablement c’est parce qu'on y croit, qu'on y adhère et qu’on se retrouve dans ce quatuor post-punk qui rallie de plus en plus de "croyants" à chaque fois qu’il se produit en live.
Mais commençons par présenter les architectes de cet engouement inattendu : le groupe est formé de Roro à la guitare et au chant (qui est sans doute la plus enthousiasmante des guitaristes gauchères du moment !), de Tibo, guitare et chant, dont émane un charme ténébreux, Amaury à la basse toute en retenue (menaçante). Derrière cette ligne d’attaque la défense est assurée par Rémi Rami-Rez, jeune dandy toulousain connu dans les plus infâmes bouges de la rive gauche de la Garonne, succédant lui-même à Peter, mort au combat, qui avait en son temps pris la succession de Guillaume, premier batteur à officier dans le groupe voilà maintenant deux ans.

La maîtrise de leurs instruments acquise en militant dans diverses formations (power-pop, garage, punk) leur a permis de rapidement enregistrer un premier EP : "Abstinence, Chômage et Dépression", tout un programme politique et social pour les laissés-pour-compte de la génération Y. Cet EP sorti en 2013 donne le ton : punk rock lorgnant du côté de 77, des titres punchy et mélodieux comme "Parano song" ou "Enterre-toi vivant" qui trouveraient légitimement leur place sur une réédition des 30 plus Grands Succès du Punk (Skydog) améliorant par la même occasion un disque déjà parfait ! Mais attention il ne s'agit pas là d'un revivalisme stérile ou d'une de ces contrefaçons hélas si fréquentes de nos jours par lesquelles des groupes tentent de recréer un son, un look, une image, tentatives résultant trop souvent en un triste Xerox calqué sur des gloires passées. Non, ici c’est tout autre chose ; on peut aisément imaginer les membres d’Asphalt préparant leur coup autour d’une pile de disques sortis sur Chiswick, Melodíes Massacre, Small Wonder et j’en passe. Il est certain que les influences comptent pour eux ; à leur contact on constate une connaissance quasi-encyclopédique du punk et ses dérivés. Si les quadras que nous sommes ont grandi avec le trafic de K7 (le lycée aura au moins servi à ça), les "moins vieux" utilisent désormais tous les moyens à leur disposition pour développer leur culture. Pour une fois l'internet n'est pas que source d'idiotie et du dénominateur commun le plus basique. Mais ne nous méprenons pas, nous ne somme pas face à une bande d’antiquaires ou d'archéologues du punk rock, non, la trame de '79 convient parfaitement pour exprimer la réalité de ceux qui ont vingt ans en 2015, et il est certain qu’en pleine crise du capitalisme, en ces temps de recul de la liberté d’opinion, face à une société qui pousse une partie croissante de ses citoyens vers l'aliénation, ils ne manquent pas de matière première. Le terrain naturel pour un groupe nommé Asphalt est la rue et c'est bien là qu'on peut trouver la fière équipe quand ils ne sont pas sur la route, en répèt' ou sur scène car c'est un groupe qui vit ce qu'il décrit (et vice-versa). Leur devise est d'ailleurs "On zone. Point barre". A chacune de leurs prestations scéniques, un nombre croissant de convertis vient grossir les rangs de l'Asphalt Army : punks, skinheads intelligents et ouverts (non, ce n'est pas une blague !), garageux et kids fleurant le dernier bon coup, ils sont tous là. Ayant observé bon nombre de groupes à la manoeuvre, je peux affirmer que ce n'est pas à la portée des premiers venus que de parvenir à créer la communion parfaite avec le public. Asphalt est clairement de ceux qui y parviennent !
 
 
L'été 2013 ils ont enregistré deux titres au studio Swampland de Lo Spider, le Phil Spector toulousain. Sorties en septembre 2014 sur Juvenile Delinquent Records, éclectique label nantais réputé pour son bon goût, ces deux titres explorent là un son plus sombre et post-punk, la référence pointe plus du côté de la cuvée '79, réaffirmant ainsi leur talent et leur capacité à écrire et à composer d'authentiques tubes, dont le titre "Do you understand (me)?" destiné à devenir un classique du genre ; vous feriez d'ailleurs bien de vous procurer le 45t avant qu'il ne soit épuisé, car à moins d'être sot, fou ou actuellement en prison (voire les trois à la fois), rien ne justifierait d'ignorer un tel chef d'oeuvre.

L'année 2015 voit les Asphalt multiplier leur prestations scéniques : première partie de LSD à Toulouse, dates en Allemagne et en Espagne en discussion et projet d'enregistrement d'un premier album pour cet été ; c'est une étape cruciale pour le groupe afin de confirmer le succès des deux premiers singles et dissiper si besoin était un quelconque doute qui attribuerait leurs compositions solides et efficaces à un alignement favorable des astres ou à un pacte temporaire avec le Malin. Cet album en devenir viendra étoffer leur set list qui pour l'instant, seule critique que l'on puisse faire à leur égard, est un peu courte et nous laisse sur notre faim, n'en réclamant que plus !

La ville de Toulouse peut désormais dormir tranquille (après que les derniers ivrognes soient tombés tels le Général Custer) dans la douce satisfaction de savoir compter sur un groupe comme Asphalt. Mais ne tardez pas, Asphalt c'est à déguster sans modération, et leur moment c'est maintenant.
 
Retrouvez l'actualité d'Asphalt, les dates de concert et leurs 45t en écoute libre sur leur Bandcamp : http://asphalttoulouse.bandcamp.com/
 

jeudi 30 avril 2015

Bon tempo pour vos tympans - Mai 2015




Contribution de Oddjob



Bikini Machine : Stop all jerk
S’écartant quelque peu du second degré façon pop française 60s, le nouvel opus de nos bikinis préférés tend désormais vers une sobriété plus anglo-saxonne. Pour autant comme les membres le proclament si bien, "on fait du vieux avec du neuf"… On en redemande !
Frank and Nancy Sinatra : Downtown
The B52’s : Downtown
Oublions la version originelle et légérement "cul-cul la praline", et réhabilitons ces deux revisitations. Tendance Las Vegas et élégance pour la première. Davantage Athens et psyché-rock pour la seconde…
Marie et les Garçons : Re Bop
Leur album ressort, toujours orné d’un beau polo Lacoste, bleu layette. C’est agréablement daté. A la question de savoir s’ils étaient punk ou new-wave, ou simplement pop, à chacun de faire son choix. La seule certitude, une certaine classe les animait… eux !
Will Butler : Anna
Ou quand le petit frère du leader d’Arcade Fire nous bricole un premier album enthousiasmant, foutraque mais soigné. A suivre.



Contribution de Wally Gator



Interpol : Everything is wrong
Extrait de leur cinquième album (purée, déjà…). Parfaitement dans la ligne de ce qu’ils ont pu faire, une espèce de pop dépressive capable de saper le moral d’une grenouille un jour de pluie.
Dan Croll : From nowhere
Une belle découverte ! Ce que fait ce Dan Croll me fait un peu penser à Metronomy. J’aime beaucoup ! Bien plus léger que le premier morceau que je te proposais, cher lecteur.
The Sweetest Ache : If I could shine
Un p'tit Sarah records ? D’accord, mais c’est seulement parce que tu insistes !
Adorable : Crash sight
Welcome back in the 9Ts ! 4 ans d’activité pour ce groupe contemporain des Chapterhouse, Slowdive et autres shoegazers. Inégal mais quelques belles mélodies.
Noel Gallagher’s High Flying Birdsv: You know we can’t go back
Bon, voilà, rien à dire. Le patron a fait un nouvel album. Voici un extrait du concert du Zénith. Sur Arte Concert, on peut le voir en intégralité. A ne pas manquer ! A ne pas manquer non plus, l’interview que le patron a donnée sur France 5, dans C à vous, le 23 mars. A oublier l’interview pourrie qu’il a dû subir sur C+… Purée, avant, de Caunes savait ce qu’il faisait, mais c’était avant. Bon, finalement, j’avais plein de choses à dire.

Au moment où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore eu le temps d’écouter le dernier des "ennemis" jurés des feux Oasis, je parle de Blur, bien sûr. J’espère juste que ce come-back soit un coup de maître. J’avoue que je redoute un peu d’être déçu, comme avec les Charlatans ou les Inspiral Carpets.



   
Contribution de Hong Kong Fou-Fou



The Incredible Magpie Band : This chose me / Straight lines
Le premier morceau me fait furieusement penser à The Heavy. Le second, aux La's. Trois fois aux La's, même. Hmm, avouez que ça vous manquait, ces jeux de mots faciles. Leur premier album sort dans quelques jours. Que dire de plus ? Il y a plein de chauves dans le groupe, et j'apprécie particulièrement cet effort pour me plaire.
Blur : Lonesome street
Contrairement à Wally, j'ai écouté le tant attendu nouvel album de Blur. Pas leur meilleur, c'est sûr, mais il contient quelques jolies ritournelles, comme ce morceau. Et dans la foulée, j'en profite pour dire que, toujours contrairement à Wally, j'ai beaucoup aimé le dernier des Charlatans et encore plus celui des Inspiral Carpets.
Osaka Monaurail : (She's a) Riptide
"Saké to 'em, JB !" Telle doit être la devise de ces sautillants Japonais qui, à l'instar de Nino Ferrer, voudraient sûrement être noirs. Ils le méritent, en tout cas.
The Buzzcocks : What do I get
Bon, évidemment, ce n'est pas tout frais. Mais en matière d'efficacité, ils peuvent toujours s'aligner, les petits jeunes d'aujourd'hui aux carrières éphémères qui affolent les "réseaux sociaux"... Entre le buzz et les Buzzcocks, mon choix est fait.
Half Man Half Biscuit : Westward Ho ! Massive letdown
Décidément, le spectre diaphane et élégant de l'élève Moinet flottera à jamais sur la sélection musicale. C'est en effet lui qui m'a fait découvrir Half Man Half Biscuit il y a quelques années, avec le fantastique "National shite day". Et ce "Westward Ho !" est du même tonneau.
The Bohicas : Where you at
Allez, on finit avec, heu, le dernier des Bohicas. Leur nom est l'acronyme de "Bend over, here it comes again !" Rien de subtil, donc. Simplement une musique énergique et efficace. On est là pour ça, non ?

mercredi 15 avril 2015

J'aime les PUT

Par GetCarter

Je relis mes notes préparatoires du Mans Classic 2014 et je retrouve un article non transmis à la rédaction. Le plus difficile étant de le taper, je prends mon courage à deux mains et m'attèle à cette tache ingrate normalement dévolue à ma secrétaire Moneypenny. Briller par quelques bons mots est plus facile que de les coucher sur du papier alors d'avance, pardon.
Ce titre va exciter Moinet, choquer Wally, réveiller Oddjob et certains lecteurs adeptes des tarifs négociés.
Juste un bref hommage à celui qui seul me fait aimer les PUT.
Quels sont les points communs entre Bruce, James et Gerry Anderson ? La réponse : les PUT et Marcel.
Nous sommes loin du glamour qui transpire des articles de mes confrères mais je me dois de rendre hommage au génie des mensurations miniatures. Même si Corgi ne représente qu'une partie minime de ma collection, Solido, n'en déplaise à Oddjob, trustant la première place, les réalisations de Marcel Van CleemPUT excitent ma concupiscence. Je passe sur les boîtes magnifiquement illustrées pour ne regarder que l'aspect technique et donc ludique.
Cet ingénieur de formation nous a quitté en 2013, lui qui avait apporté au monde du jouet son talent créatif et technique. Depuis plus de 30 ans des millions d'enfants, dont moi, ont poussé ces petites mécaniques sportives ou celles de leurs héros sans jamais envisager la complexité de leur développement. Le génie de Van CleemPUT, comme pour une déesse de la séduction : ne jamais laisser imaginer la beauté et la complexité du travail caché sous les robes, enfin, les carrosseries.
Il naquit en France le 2 mai 1926. Dommage pour Solido, il quitte notre hexagone pour la sombre Albion 9 ans plus tard. Ce choc climatique le plonge dans une dépression qu'il terrasse en se réfugiant, comme notre rédacteur en chef, dans les études .
Adolescent, il intègre le Loughborough Technical College où il suit une formation d'ingénieur. Diplôme en poche, bref retour en France, passage dans une boîte d'ascenseurs, le voilà embauché en 1954 chez Mettoy, création en 1956 de Corgi par une filiale sœur Playcraft. La guerre contre Dinky peu commencer !
Les prouesses de conception de Cleemput autorisent des améliorations ultra réalistes sur les gammes Corgi : fenêtres transparentes, pièces plus fines, montage des accessoires. En une année, Corgi devient un acteur important du marché avec des ventes frôlant les 3 millions d'exemplaires.
Il était responsable du choix des modèles, de leur design et de leurs "gadgets". Le siège éjectable, le bouclier pareballes, les mitrailleuses rétractables, c'est lui. La magie d'être Bond à la place de Bond au 1/43ème, c'est lui. N'en déplaise à Oddjob, le SPECTRE fut des millions de fois vaincu par une PUT. L'Aston de 007 ne fut pas son seul fait d'armes, il traita avec autant de talents la Batmobile, la Volvo P1800 de Simon, la lotus d'd'Emma, etc… Son influence est telle que les constructeurs lui fournissent avant la sortie de leur modèles des plans détaillés pour la préparation des miniatures, idem pour les Formules sport proto etc...
Sa quête de l'authenticité était telle qu'il utilisait plus de 60 clichés pour préparer le master d'un modèle.
Bon, en 1983 Corgi reste à la niche, sûrement découragé par la vague néoromantique et l'invasion des miniatures plastiques chinoises. Après 27 années de bons et loyaux services, Cleemput se consacre à la préservation de son labeur : les livres référence sur Corgi de 1989 et 2010, c'est lui.
Son héritage habille nos vitrines, son génie, c'est un déshabillé sous des courbes de rêve.
Alors oui, je le reconnais, des PUT perturbent mes SOLIDO, et oui, j'aime les PUT ! Merci Marcel !